lundi 2 mai 2016

Plus loin avec.. Ibrahima Seck, coordonnateur de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab) : «Le gouvernement devrait nous allouer des domaines agricoles communautaires»

La Fenab est toujours en train de sensibiliser les au­torités et les populations pour que le gouvernement sénégalais puisse adopter l’agriculture biologique dans les pratiques agricoles. Mais, on a l’impression que vous prêchez dans le désert ?
En tout cas, la volonté politique commence à se manifester. Nous avons vu que le gouvernement, d’abord, a pris l’agriculture comme levier pour le développement économique du Sénégal. C’est un très grand pas. C’est une très bonne vision. Ensuite, le gouvernement, avec la Fao, a organisé tout récemment, une conférence africaine sur l’agro-écologie. Ce qui constitue une avancée significative vers une transition écologique du Sénégal pour un développement durable. Aussi le gouvernement nous a-t-il promis de subventionner les bio pesticides et les bio fertilisants. Cela veut dire qu’aujourd’hui donc nous avons espoir que le gouvernement va nous accompagner pour le développement de l’agriculture écologique biologique au Sénégal.

Au même moment le gouvernement déroule son programme sur les Domaines agricoles communautaires. Que pensez-vous de ces Dac ?
Nous pensons que le gouvernement pourrait ou même devrait nous allouer des Domaines agricoles communautaires (Dac) où nous allons former les jeunes qui y seront pour pratiquer l’Aeb. Ce serait vraiment des écoles de formation en matière d’Aeb. C’est extrêmement important. Et même nous pouvons dire que là où on pense qu’il n’est pas possible de mettre en application l’Aeb, par exemple, la vallée du fleuve ou les aménagements ont détruit tout, nous disons qu’il est possible d’avoir des arbres qui s’adaptent comme le cocotier et d’autres. En même temps dans les rizières, nous pouvons avoir du poisson tout comme nous pouvons aussi élever des canards. C’est-à-dire une biodiversité de production allant dans le sens de la durabilité de l’agriculture. Nous pensons que le gouvernement commence à faire des pas en avant et nous souhaitons l’accompagner pour une véritable volonté politique afin que l’Aeb soit intégrée dans les politiques agricoles et dans les plans d’investissement mais aussi dans les projets et programmes du gouvernement.

Où en êtes-vous par rapport à votre sensibilisation ?
Nous continuons la sensibilisation. La Fenab a effectué des tournées au niveau des communautés de base dans les zones agro-écologiques pour mieux vulgariser ce programme afin que tout le monde se mette debout. Pour dire que les changements climatiques, ce n’est pas seulement la responsabilité du gouvernement ni des partenaires au développement mais la responsabilité de tout un chacun. Nous tous devons nous y atteler. Même ne pas allumer une lampe électrique, c’est déjà un pas. Donc aller vers les énergies renouvelables comme le soleil mais aussi faire de l’agriculture de conservation une agriculture durable qui sauvegarde les ressources naturelles et qui s’ouvre aux générations futures. Nous allons continuer à travailler avec les communautés de base pour dérouler ce programme à partir de la base vers le haut.
nfniang@lequotidien.sn
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