vendredi 4 mars 2016

L’ entrepreneuriat agricole des femmes en débat

Khadija Mahile : l’apport au féminin d’une passionnée du partenariat Maroc/Afrique subsaharienne

Si sa formation universitaire la prédestinait à une carrière dans le monde de l’économie et des affaires, rien ne prédisposait, au départ, Mme Khadija Mahile à s’expatrier au Sénégal et à s’investir corps et âme dans la mise en exergue de l’énorme potentiel d’échanges offert par le partenariat Maroc/Afrique subsaharienne.
Une licence en sciences économiques en poche (1996/97), après un cursus à la faculté de Casablanca, cette native de la capitale économique (1973), entièrement acquise aux challenges et aux enjeux et défis des mondes du commerce et des affaires, a enchaîné, en 1997/98, par un Master en management commercial option Finances, brillement décroché à l’école supérieure du commerce “ESSICA Rabat/Bordeaux”.
Cette formation a permis à Mme Mahile d’affûter ses outils académiques et de se préparer sereinement à la brillante carrière qui attendait celle qui se retrouvera, quelques années plus tard, dans le créneau du marketing international et, en particulier, dans le partenariat Sud-sud.
Fraîchement débarquée de l’université, la jeune diplômée franchit, sans répit la même année, le monde du travail par la grande porte, en intégrant en 1998 le “Groupe Auto Hall” à Casablanca, en qualité de responsabilité marketing communication, poste qu’elle gardera 10 ans durant.
De cette expérience, Mme Mahile qui dégage une ferveur passionnée, reconnait dans un entretien à la MAP avoir appris “la rigueur”, “l’agressivité commerciale”, “le sens de l’organisation” et “la gestion des objectifs”. “Une expérience enrichissante qui m’a permis de constamment innover, d’identifier des objectifs et d’œuvrer inlassablement pour les atteindre”, tient-elle à noter.
Se sentant assez armée pour entamer une nouvelle expérience, et en quête de nouveaux challenges toujours dans le domaine des véhicules auto et de la logistique, Khadija Mahile signe, en 2008, pour le groupe “Somagec” et franchit un nouveau cap professionnel en s’offrant l’occasion de contribuer au lancement de la marque chinoise “SINOTRUCK” et du programme de renouvellement des gros porteurs au Maroc.
“Cette nouvelle expérience m’a plongée dans l’univers de l’export et m’a permis de cerner l’importance de ce qui se passe ailleurs, en particulier en Afrique que j’ai découverte comme un énorme marché regorgeant d’opportunités”, tient-elle à relever, soulignant que le programme de renouvellement du parc des gros porteurs au Maroc lui a été d’un énorme apport lors d’un projet similaire qu’elle allait accompagner plus tard au Sénégal.
Forte d’un carnet d’adresse enrichi de précieux contacts cumulés tout au long de son parcours professionnel, l’ambitieuse Khadija Mahile décida de s’envoler de ses propres ailes en 2012, en créant une structure de l’événementiel. La même année, elle organisera le Salon international des solutions pour le transport et la logistique (SISTL) au Sénégal, pays qu’elle a découvert dans le cadre de ses activités précédentes et qu’elle a commencé à aimer.
Inscrit dans le sillage des multiples actions scellant le partenariat modèle liant le Maroc au Sénégal, le SISTL a offert à l’ambitieuse marocaine l’occasion de se faire connaître sur la scène des affaires au Sénégal et de s’imposer, sereinement, comme “spécialiste” et “porteuse d’idées” inépuisables pour le renforcement du partenariat sud-sud, devenu le leitmotiv de la politique économique et des relations extérieures du Royaume.
Boostée par son positionnement sur l’échiquier sénégalais et animée profondément par la ferveur patriotique, la jeune Casablancaise pèsera discrètement mais efficacement en faveur du choix, en 2013, d’un partenaire marocain pour la mise en œuvre du gigantesque projet de renouvellement des gros porteurs au Sénégal.
Son rôle d’habile intermédiaire auprès des fédérations sénégalaises des transports routiers et des autorités compétentes de ce pays de l’Afrique de l’Ouest dont elle commençait à maîtriser les rouages, lui a permis de mettre en valeur l’expérience marocaine en matière de renouvellement des gros porteurs et de convaincre les Sénégalais de retenir la société marocaine “Ryad Motors” pour ce projet concrétisé, en 2016, par la livraison d’une première tranche de 73 camions.
Sur ce point, Khadija Mahile, désormais envoûtée par les énormes opportunités offertes par les échanges Maroc/Afrique, affirme que le continent a beaucoup à gagner d’un partenariat fructueux et gagnant-gagnant avec le Maroc, dans le cadre d’une coopération multilatérale, et à travers la passerelle géostratégique et de proximité offerte par le Royaume.
“Nous disposons d’un savoir-faire indéniable et nous offrons un modèle de partenariat innovant basé sur le transfert de la technologie et le partage de l’expérience”, tient-elle à souligner, relevant que c’est exactement cette vision de partenariat win win qui fait la force du Maroc dans l’étendu espace de l’Afrique subsaharienne.
Imbue de ces convictions et entièrement imprégnée par l’hospitalité africaine, Khadija Mahil qui se contentait jusque-là d’allers-retours entre le Maroc et le Sénégal, quoique très réguliers, choisit, en 2015, de s’établir dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest et d’élire désormais domicile à Dakar, avec ses deux enfants de 8 et 12 ans.
Le capital sympathie dont bénéficient le Maroc et les Marocains auprès des Sénégalais, l’énorme potentiel d’affaires et la prédisposition des autorités du pays à accueillir toute initiative de partenariat bénéfique, ont été autant de facteurs ayant milité en faveur du choix du Sénégal, se plait à affirmer la Casablancaise harmonieusement intégrée dans la société sénégalaise.
“Mes enfants vont à l’école sénégalaise, et j’entretiens des liens très poussés avec des familles dakaroises auprès desquelles j’ai découvert un mode de vie et des valeurs éducatives des plus saines”, note Khadija Mahile qui s’attache à inculquer à ses enfants une éducation enrichie par le référentiel culturel et religieux des deux sociétés.
L’ardeur et la passion pour les affaires n’ont fait que prendre de l’ampleur avec l’installation au Sénégal de la businesswoman qui ne tardera pas à mettre sur pied, en 2015, sa propre société “CSENAGRI” (Compagnie sénégalaise de l’Agriculture) : Une structure dédiée à la mise en relief de l’énorme potentiel de partenariat Maroc/Sénégal offert par le secteur agricole.
Le projet de commercialisation de la semence de pomme de terre du Maroc au Sénégal dans le cadre d’une opération test, est le nouveau challenge de l’infatigable Khadija Mahile qui œuvre, en parallèle, pour l’organisation, en mai prochain à Dakar, d’un Salon professionnel pour le positionnement du Maroc dans le secteur agricole au Sénégal.
Passant du secteur de la logistique et transports à l’agriculture, la businesswoman casablancaise prouve que sa ferveur pour le marketing international n’a pas de limite et ne fait que commencer.
Ainsi, l’énorme potentiel offert par le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest en général, ne peut que renforcer dans ses idées Khadija Mahile, la passionnée du partenariat Maroc/Afrique subsaharienne que rien ne prédisposait, au départ, à s’expatrier au Sénégal.
(Par Hassan AOURACH)
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