mercredi 16 juillet 2014

La boulimie foncière, un frein à l’agriculture

La visite du ministre de l’agriculture et de l’équipement rural, Pape Abdoulaye Seck, hier lundi 14 juillet, a permis de constater que des terres destinées à l’agriculture sont plutôt loties et servent désormais d’habitations. Pire, les principaux acteurs se rejettent la responsabilité.

Hier, lundi 14 juillet, le ministre de l’agriculture et de l’équipement rural, Pape Abdoulaye Seck, a effectué une tournée à Bambilor, Sangalkam et Deni Biram Ndao. L’occasion a été saisie par le ministre et sa délégation de se rendre compte que plusieurs périmètres destinés à l’agriculture sont aujourd’hui des propriétés privées et devront plutôt servir de logements.

A Bambilor, dans la zone dénommée «Bed Sénégal», des hectares de terres, arables sont déjà attribuées et l’initiateur serait Oumar Sakho du nom du président de la convention nationale pour le développement rural.

Le mis en cause se défend et pointe du doigt la communauté rurale dont il soutient, qu’avec l’aval de l’Etat, a fait le lotissement du terrain. Dans la commune de Bambilor également, des paysans rencontrés disent avoir perdu des terres cultivables au profit de promoteurs privées. Les zones exploitées par Ibrahima Mbengue, président de la fédération des maraichers des Niayes et ses camarades ont fait l’objet de plusieurs convoitises.

Selon Ibrahima Mbengue, «une banque et un promoteur étranger y disposent de vastes périmètres». A ces deux entités s’ajoute un sénateur dont il affirme détenteur d’une centaine d’hectares.

Toutes les personnes concernées, usent des terres à des fins différentes de l’agriculture.
Dans la commune de Sangalkam, les techniciens de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) soutiennent avoir perdu une superficie de 75 hectares au profit de privées et d’anciens responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds), qui ayant obtenu des terres dans le cadre de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) se sont appropriés les terres comme des biens personnels.
La position de l’Isra a fait sortir le président de la délégation de la communauté rurale de Bambilor et ancien président du conseil rural de Sangalkam de sa réserve.
Selon Diagne Diop, la surface dont il est question appartient à l’Association pour le développement de Noflaye. En guise de preuve, il a laissé entendre que «l’Etat du Sénégal, en 1990, a octroyé la surface au village de Noflaye afin qu’il augmente sa superficie». «Le village a une autorisation de lotissement du terrain et le bail est décerné à l’association villageoise», fait remarqué, Diagne Diop avant de poursuivre que la responsable libérale citée dans l’affaire, n’est que la présidente de l’association.
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