mercredi 16 juillet 2014

Inondations et campagne agricole incertaine, urgences estivales du gouvernement Dionne

A peine installé à la Primature, le nouveau chef du gouvernement fait face à deux urgences : les pluies diluviennes dramatiques de Matam et la campagne agricole en passe d’être chahutée.

A Matam, des intempéries, survenues dans la nuit du 9 au 10 juillet, ont causé la mort d’au moins quatre personnes dont des adolescents et plongé dans le sinistre (maisons inondées et effondrements d’habitations) plusieurs autres dans des villages. S’il ne s’est pas empressé, comme il sied en la circonstance, d’aller au chevet des victimes, le nouveau Premier ministre, Mahammed Dionne, devrait se presser à parer à d’autres phénomènes malheureux de ce genre liés aux changements climatiques. L’année dernière, les fortes pluies avaient notamment détruit des cultures de paysans à Fatick et ailleurs, alors que, paradoxalement, le déficit pluviométrique dans d’autres localités avait installé leurs habitants dans une insécurité alimentaire tardivement prises en charge par le gouvernement au cours de l’année 2014.
Et, à en croire les services de météorologie nationale, le même cas de figure se profile, avec des pluies diluviennes dans certaines zones et un déficit pluviométrique dans d’autres. Dans les deux cas, le gouvernement est appelé à anticiper sur les mesures de secours au monde rural.
Le nouveau gouvernement est d’autant alerté dans ce sens que l’ONG Action humaine pour le développent intégré au Sénégal (AHDIS) pointe, dans un diagnostic sur cette situation rendu publié ce lundi, un problème dans le distribution de semence d’arachide.
Alors que le gouvernement, le ministre de l’Agriculture soutenait mercredi dernier en conseil des ministres, que la mise en place des intrants agricoles se serait bien déroulée, l’AHDIS, émet des réserves : « Les investigations que nous avons menées à travers tout le Sénégal nous ont permis de constater que dans le bassin arachidier et le centre du pays, de nombreux paysans n’ont pu acheter les semences d’arachides mises à leur disposition par le gouvernement. »
D’après l’ONG, cette situation serait due à « leur état de pauvreté qui ne leur permet point de s’offrir des semences devenues un luxe face à d’autres urgences qui les assaillent malgré les efforts de subvention de l’Etat allant jusqu’à 130 FCFA le kilo pour les semences écrémées ». Il s’y ajoute que des organisations paysannes ont dénoncé la qualité de certaines semences.
Le risque est réel de voir la production intérieur brut (Pib) en deçà des attentes (4,9% en 2014), comme en 2013 lorsque la croissance a été plus faible que prévu (3,5%) du fait notamment des difficultés de l’agriculture (pluviométrie erratique conjuguée à une mauvaise organisation des campagnes agricole et de commercialisation).
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