lundi 23 juin 2014

Financements agricoles: la société civile tient au respect du protocole de Maputo

Des organisations de la société civile africaine invitent le président sénégalais Macky Sall à plaider, auprès de ses pairs du continent, pour le respect de la promesse qu'ils avaient prise en 2013 à Maputo (Mozambique) de mieux financer l'agriculture.
Elles ont décidé de sonner la mobilisation en direction des dirigeants africains, en prévision du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) sur le financement de l'agriculture, les 26 et 27 juin à Malabo (Guinée Equatoriale).
Réunis dans la capitale mozambicaine, en 2003, les chefs d’Etat et de gouvernement africains avaient pris l’engagement de consacrer au moins 10% de leur budget national à l’agriculture.
Ils avaient signé un protocole à cet effet. Mais selon les observateurs, seuls huit des 53 pays qui ont signé ce protocole ont respecté leur engagement: le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Ghana, la Guinée, le Malawi, le Mali, le Niger et le Sénégal.
Des responsables d’organisations de la société civile africaine ont, lors d’une conférence de presse donnée jeudi à Dakar, estimé que certains de ces huit pays n’étaient toutefois pas en mesure de "briser le cercle vicieux des crises alimentaires et nutritionnelles".
Ces leaders de la société civile déclarent avoir mené une campagne dénommée "Cultivons", en faveur du respect de l’encagement pris à Maputo.
Selon eux, plus de deux millions de personnes ont adhéré à cette campagne, en signant une pétition réclamant d’importants investissements aux Etats, au profit de l’agriculture.
Ces organisations souhaitent que, lors de la conférence de Malabo, le président sénégalais Macky Sall soit leur porte-parole auprès de ses homologues, en leur demandant de respecter l’engagement pris il y a un peu plus de 10 ans.
Ils ont décidé de rencontrer M. Sall avant la conférence sur le financement de l'agriculture.
"A Malabo, il sera question de trouver parmi les chefs d’Etat des champions, qui vont parler à leurs pairs. Et le Sénégal, qui a atteint le cap des 10%, est à l’aise pour parler de l'augmentation et de l'amélioration de la qualité des investissements" destinés à l’agriculture, a expliqué Cheikh Oumar Bâ, directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), basée à Dakar.
Les organisations de la société civile, dont IPAR, ont formulé 10 recommandations préconisant "un nouvel engagement des chefs d'Etat" en faveur du respect du protocole sur le financement de l'agriculture.
Elles estiment que les Etats africains doivent faire de sorte que les investissements faits dans l’agriculture soient rentables, au lieu de simplement chercher à atteindre le cap des 10% fixés à Maputo.
SK/ESF 
APS
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