mardi 20 mai 2014

Menaces par l’urbanisation galopante : Macky Sall décide de protéger la zone des Niayes



Assurant à elle seule 80 % de la production horticole du Sénégal, la zone des Niayes est sérieusement menacée par l’urbanisation galopante. En Conseil des ministres, hier, le chef de l’Etat a décidé de voler à son secours en en appliquant une réglementation adaptée relative à la non-cessibilité des assiettes foncières, pour usage d’habitation.

Menacée par l’urbanisation galopante et non maîtrisée, la zone des Niayes à vocation maraîchère a été évoquée en Conseil des ministres hier, par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, docteur Papa Abdoulaye Seck. Le ministre a attiré l’attention sur ces menaces qui ont comme conséquence un émiettement des terres de cultures dans ladite zone. Le président Macky Sall a « décidé de mettre en application une réglementation adaptée, qui va désormais organiser la non-cessibilité des assiettes foncières, pour usage d’habitation », selon le communiqué du Conseil des ministres.

Zone géographique située au nord-ouest, les Niayes sont des terres très fertiles et propices à l’horticulture. Elles assurent 80 % de la production totale des légumes des marchés de la région de Dakar et de l’intérieur du Sénégal, fait savoir une étude relative à l’agriculture urbaine intitulée « Manuel des bonnes pratiques de l’utilisation saine des eaux usées dans l’agriculture urbaine ». Les maraîchers des Niayes produisent 100.000 tonnes de légumes par an, équivalant à près de neuf milliards de FCfa, révèle l’étude dirigée par le docteur Seydou Niang, chercheur à l’Institut fondamental d’Afrique noir (Ifan) et l’architecte-urbaniste et chercheur à Enda Tiers-monde Malick Gaye. La nappe phréatique affleure presque par endroit, elle est de 0,5 à 5 mètres de profondeur, ce qui facilite l’accès à l’eau pour l’horticulture. A cheval sur les régions de Dakar, Thiès, Louga et Saint-Louis, la zone a aussi une vocation avicole de plus en plus importante.

Mais la croissance démographique a rogné une bonne partie des terres. Selon une étude intitulée « Cités horticoles en sursis ? L’agriculture urbaine, dans les grandes Niayes au Sénégal », le phénomène ne date pas d’aujourd’hui. La zone des Niayes comptait déjà 2.549.694 habitants sur un total national de 4.978.850 habitants. En 1988, soit douze ans plus tard, cette population augmentait de 1.040.665 habitants. « Cette zone (les quatre régions administratives) couvre 40,9 % du territoire national et connaît une dynamique de population assez particulière par rapport au reste du pays. En effet, la forte croissance démographique s’explique, à la fois, par le fort taux de natalité, mais aussi et surtout par les flux migratoires venant de l’intérieur du pays et des États riverains : de nombreuses personnes sont en effet attirées par le développement économique de l’axe Dakar-Thiès et par des conditions naturelles favorables aux activités agricoles ». Récemment, l’idée de construire une arène de lutte sur le site du Technopôle situé dans la zone des Niayes à l’écosystème menacé aussi, avait créé une vive polémique.
Malick CISS
le Soleil
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