mardi 20 mai 2014

Financement des projets au Sénégal: La Bid évalue son taux de décaissement global à 56%

Birama Boubacar Sidibé 

Le vice-président de la Banque islamique de développement (Bid), Birama Boubacar Sidibé, et le ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ ont procédé, hier, à la revue du portefeuille actif de la coopération entre le Sénégal et l’institution financière islamique. La banque évalue son taux de décaissement global à 56 % dans le financement des projets achevés et ceux en cours dans notre pays.





La Revue du portefeuille actif de la coopération entre le Sénégal et la Banque islamique de développement (Bid), hier, a été l’occasion pour les deux parties de faire l’état des lieux des financements réalisés dans les différents projets de développement. En effet, le taux de décaissement global (ensemble des projets achevés et en cours) est estimé à 56% et celui du portefeuille en cours d’exécution se chiffre à 24%. Le montant non décaissé s’élève à 495,6 millions de dollars, soit environ 236 milliards de FCfa. En détail, le montant décaissé sur la période 2010-2014 est de 181 millions de dollars, (90,5 milliards de FCfa), soit une moyenne annuelle de 40 millions de dollars (20 milliards de FCfa). Les décaissements du premier trimestre de l’année 2014 (janvier-mars) se chiffrent à 43 millions de dollars (21,5 milliards de FCfa).

Financement de 311 milliards de FCfa pour 19 projets

Selon le ministre de l’Economie et des Finances, Amadou Bâ, qui a présidé la rencontre, depuis l’implantation de la Bid dans notre pays en 1975, ses financements approuvés pour le compte du Sénégal se chiffrent à 667 milliards de FCfa. Ces montants ont permis la réalisation d’importants projets, en particulier, dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’hydraulique… Le portefeuille actif de la Bid au Sénégal, constitué de 19 projets (pour un financement total de 311 milliards de FCfa), est bien aligné sur les priorités du gouvernement et comprend des projets majeurs dans le Plan décennal de lutte contre les inondations, des programmes dédiés à la création d’emplois et à l’éducation. Pour sa part, Birama Boubacar Sidibé, vice-président de la Bid, s’est réjoui de l’excellente coopération qui existe entre le Sénégal et son groupe. Notre pays est le premier partenaire de cette institution financière en Afrique subsaharienne, rappelle-t-il. « C’est une caractéristique singulière du Sénégal au sein de la sous-région », note M. Sidibé. Il estime que les financements octroyés à l’Etat du Sénégal se sont traduits par d’importantes réalisations au profit des populations sénégalaises.

Le défi des lourdeurs administratives

L’exécution du portefeuille, note le ministre Amadou Bâ, connaît des améliorations notables grâce à un suivi rapproché et régulier. Cependant, relève-t-il, quelques problèmes subsistent et sont liés aux lourdeurs des procédures de passation des marchés, à la restructuration de certains projets lors de la réalisation et la faiblesse de nombreuses entreprises et des bureaux d’études de la région ouest-africaine. Les conclusions de cette rencontre permettront de formuler des recommandations pertinentes en vue de lever ces contraintes et d’améliorer les performances dans l’exécution de tous les projets financés dans le cadre de la coopération Bid-Etat du Sénégal. Il promet également de veiller, au côté de la Bid, à engager toutes les actions nécessaires pour la concrétisation d’importants financements pendant la période quinquennale 2014-2018 du Plan d’actions prioritaires (Pap) du Pse. Abdou DIAW le Soleil

DES PERSPECTIVES PROMETTEUSES AVEC LA BID, SELON AMADOU BÂ

Le portefeuille actif entre le Sénégal et la Bid, estime le ministre de l’Economie et des Finances, présente des perspectives prometteuses illustrées par deux événements majeurs qui coïncident avec la volonté de la direction de la banque de mettre en place une stratégie décennale. Le premier concerne le Programme triennal indicatif 2013-2015 d’intervention de la Bid au Sénégal, pour un montant global de 293 milliards de FCfa. La plupart des projets répertoriés dans ce programme ont fait l’objet d’approbation par le conseil des directeurs exécutifs de la banque, voire d’une signature de conventions entre les deux parties. Le deuxième événement est relatif à la contribution de la Bid au financement du Pse.


MAMADOU MOUSTAPHA BA, DIRECTEUR DE LA COOPÉRATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE: « LE TAUX D’ABSORPTION EST RELATIVEMENT SATISFAISANT »

Le directeur de la coopération économique et financière, Mamadou Moustapha Bâ, juge le taux d’absorption (pourcentage auquel le montant engagé est dépensé) des financements octroyés par la Bid au Sénégal relativement « satisfaisant ». Selon lui, plus le portefeuille est jeune, plus le taux d’absorption est faible. Durant ces dernières années, la Bid a accentué ces financements pour le Sénégal. Elle reste, à son avis, un partenaire privilégié du gouvernement du Sénégal dans la mise en œuvre du Pse, qui est en marche à travers ses financements approuvés la 7ème réunion du groupe consultatif de Paris.


Il note également les lourdeurs administratives dans les procédures de passation de marchés. « Avec la révision du code des marchés publics en cours, nous espérons voir un allégement », a indiqué M. Bâ.
 A. DIAW le soeil
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