vendredi 2 août 2013

ACCES A LA TERRE Des organisations féminines tapent sur la table


L’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (Afao) a exigé, en marge de son colloque international, l’effectivité des mesures prises par les autorités sur l’accès de la femme à la terre. Une plaidoirie faite devant le ministre de l’Agriculture et l’Equipement rural, Abdoulaye Baldé.

Pour la modernisation ou revalorisation de l’agriculture au Sénégal, l’actuel régime mise beaucoup sur les femmes. C’est ainsi que des réformes ont été annoncées pour alléger les femmes paysannes, à savoir l’accès à la terre comme pour les hommes. Mais, depuis lors, force est de constater que rien n’est effectif. Hier, à l’issue d’une rencontre de l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (Afao) sur le thème : «la sécurité alimentaire -l’action des femmes au cœur de l’agriculture», la question a été soulevée par les participantes. Dénonçant les lenteurs, la présidente du Bureau régional de l’Afao, Mme Khady Fall Tall, dira : «l’accès à la terre pour la femme n’est pas effective au Sénégal. Il n’y a qu’au Mali où 10% des terres cultivables sont réservées aux femmes. Pour le reste de l’Afrique, évidemment, il n’y a pas de loi qui interdit l’accès de la femme à la terre. Mais, il n’y a pas concrètement des outils qui lui permette d’accéder à la terre, à cause des pesanteurs socioculturelles». Venu présider la cérémonie, au nom du chef de l’Etat Macky Sall, le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural a tenté de rassurer ces associations féminines sur les efforts du gouvernement à impliquer les femmes dans sa nouvelle politique agricole.

Vers une embellie
«Il n’y a pas fondamentalement un problème pour les femmes à accéder à la terre, au niveau des communautés rurales et des zones aménagées. Souvent, dans ces zones, il n’y a pas de mesures discriminatoires. Nous sommes en train de travailler à ce que des femmes puissent accéder davantage à des terres agricoles. En outre, il y a la commission mise en place par le président de la République pour réfléchir sur les questions foncières, afin de faciliter l’accès des femmes à la terre», a déclaré Abdoulaye Baldé. Sur un autre registre, la Fao recommande aux gouvernements des pays en développement de retirer au plus vite les pesticides très dangereux du marché. Ces organisations estiment que lesdites substances «ne devraient pas être à la portée des petits agriculteurs qui n'ont ni les connaissances, ni les pulvérisateurs, ni les vêtements de protection, encore moins les installations de stockage pour les gérer, de façon adéquate». Le communiqué rappelle la tragédie de Bihar, en Inde, où ont trouvé la mort 23 écoliers, après avoir mangé à la cantine un repas contenant du monocrotophos. Un drame «qui nous rappelle l'urgence d'accélérer le retrait des pesticides hautement toxiques des pays en développement».


Khalil DIEME
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