samedi 20 juillet 2013

Sous l’impulsion du G8 : Le Sénégal adhère à la Nasan

Dans le sillage du G8, le Sénégal s’est engagé dans la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (Nasan). L’initiative dont le lancement a eu lieu hier, ambitionne de sortir 50 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2022.
Rien que pour cette année, le Sénégal connaît un déficit céréalier estimé à 900 000 tonnes. Et c’est pour rompre ce cycle d’insécurité alimentaire que le pays s’est engagé dans la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition (Nasan). L’objectif affiché par cet instrument qui est «un cadre de concertation tripartite entre l’Etat, le secteur privé national et international et les partenaires techniques et financiers (Ptf)» est d’inciter le secteur privé à intervenir dans le financement du secteur agricole afin de réduire et gérer les risques liés à la sécurité alimentaire et améliorer les résultats nutritionnels des populations. D’ici 2022, la Nasan qui rassemble 9 pays, ambitionne de sortir 50 millions de personnes de la pauvreté grâce à un accroissement des investissements du secteur privé. Un appel qui a été entendu par au moins 8 entreprises sénégalaises. Le ministre de l’Agriculture en a fait la révélation hier lors de la cérémonie de lancement de la Nasan. M. Abdoulaye Baldé a annoncé que le secteur privé va apporter sa contribution au financement des différentes composantes de la chaîne de valeur, de la production et l’approvisionnement des intrants au stockage et à la transformation. Pour renforcer cette dynamique, le Premier ministre Abdoul Mbaye a lancé un appel solennel «au secteur privé national, international et étranger à s’engager dans le financement du secteur agricole et de la nutrition». Déjà, souligne M. Mbaye, le Sénégal présente un environnement favorable. Et des améliorations sont en cours avec «des mesures d’allègement des procédures et de transparence dans l’attribution des marchés ainsi que la révision à la baisse et un meilleur ciblage des subventions voire la baisse de la fiscalité sur le matériel agricole».
Des mesures qui, comme le souligne l’ambassadeur canadien Perry Calderwood, dont le pays a été désigné comme chef de file du G8 au Sénégal, permettront de faire de l’agriculture le moteur de la croissance du pays. «Malgré un environnement des affaires pas toujours favorable, les producteurs agricoles sont les principaux investisseurs dans le secteur agricole» constate-t-il avant de souligner qu’ils doivent être au cœur de toutes les stratégies, au même titre que les femmes qui jouent par ailleurs un rôle incontournable dans les familles. Sur une échéance de 10 ans, la Nasan prône l’accroissement de la présence du secteur privé dans le secteur agricole, la multiplication et la distribution des semences entre autres. L’initiative repose également sur un meilleur accès à la terre et au foncier, l’autonomisation économique des femmes et l’engagement du secteur privé.
Avec un échéancier très clair, le Sénégal s’achemine vers la formulation d’un cadre de coopération qui va consacrer son adhésion à l’initiative avant la fin de l’année. Pour le Premier ministre Abdoul Mbaye qui a présidé la cérémonie, la Nasan est une initiative qui pourra permettre de combler le gap de financement du Programme national d’investissement agricole (Pnia), qui, dans sa phase prioritaire, affiche un taux de couverture des besoins en financement de l’ordre de 76%. «Le gouvernement ne peut que porter un grand intérêt à toute initiative se donnant pour objectif non seulement de mobiliser les financements complémentaires destinés à la mise en œuvre du Pnia, mais aussi et surtout de mettre en place un cadre de reddition des comptes, qui assure un suivi plus strict des conditions de mobilisation et d’utilisation des ces ressources», assure le Premier ministre.
Le Quotidien
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