vendredi 7 juin 2013

Voyage d'études du projet USAID/ERA aux ETATS-UNIS : 21 enseignants-chercheurs sénégalais à l’école du « Land Grant System » américain

Une vingtaine d’enseignants-chercheurs sénégalais a séjourné, du 19 avril au 12 mai 2013, à l’Université de Tuskegee (Alabama), aux Etats-Unis, dans le cadre d’un voyage d’études organisé par le projet Usaid/Era (Education et recherche en agriculture).
Dans le cadre du programme de renforcement des capacités des ressources humaines des institutions de formation et de recherche en agriculture du Sénégal, le projet Usaid/Era (Education et recherche en agriculture) a organisé un voyage d’études aux Etats-Unis au profit de 21 enseignants-chercheurs sénégalais. Ce séjour a permis aux participants de découvrir les fondamentaux du « Land Grant System » américain et la place primordiale qu’occupe l’université dans les services à la communauté ainsi que son rôle d’intermédiation entre les petits et moyens producteurs agricoles et les grandes chaînes de supermarchés.
Au cours de cette session de formation technique de trois semaines, les participants, venus de neuf institutions sénégalaises, ont suivi des sessions de formation intensive en pédagogie, nouvelles techniques de production et de transformation des productions agricoles et animales, entreprenariat, recherche et vulgarisation. Cette formation a été ponctuée par de nombreuses visites de terrain ayant permis aux enseignants-chercheurs sénégalais de partager l’expérience de producteurs encadrés par l’Université de Tuskegee (Alabama). Ils ont aussi rencontré des professeurs et chercheurs émérites qui ont partagé leurs expériences dans le domaine agricole.
Mme Nafissatou Diop Ndiaye, chargée de recherche à l’atelier fruits et légumes de l’Institut de technologie alimentaire (Ita), pense que l’application des méthodes de transformation de la patate douce au Sénégal sera d’un grand intérêt pour la filière, mais aussi participera à booster les activités des petites et moyennes entreprises. A son avis, le transfert du processus d’utilisation du sirop de sucre obtenu à partir de la patate douce contribuera à la compétitivité des produits fabriqués par les Pme/Pmi sénégalaises spécialisées dans la transformation des fruits et légumes.
Son collègue Fallou Sarr, également chercheur à l’Ita et responsable de l’Atelier céréales et légumineuses, a découvert une autre vertu à la patate douce. « A l’Université de Tuskegee, les chercheurs sont arrivés à fabriquer du pain avec une incorporation de patate douce d’au moins 50 %, ce qui est extraordinaire. A l’Ita, nous n’avons pas pu aller au-delà des 15 %, même si la technologie diffère. Nous avons discuté avec les chercheurs américains pour qu’ils nous transfèrent la technologie », indique M. Sarr.
Les techniques utilisées pour la production de fourrage de qualité ont retenu l’attention du directeur des études du Centre national de formation des techniciens de l’élevage et des industries animales de Saint-Louis (Cnfteia). « Dans mon domaine de compétence qui est l’élevage, nous avons compris, grâce à ce voyage d’études, que le premier facteur à prendre en considération dans le domaine des cultures fourragères, c’est la richesse du sol. Ce qui n’était pas très évident dans la mesure où, au Sénégal, ce sont surtout les sols qui ne sont pas propices à l’agriculture qui sont réservées pour le fourrage », soutient Mamour Syll.
L’autre expérience majeure qu’il compte mettre en pratique concerne les cours de renforcement de capacités en business plan. « Nos collègues américains ont partagé avec nous leurs expériences et compétences en business plan. Ce sont des exercices pratiques que nous allons appliquer dans nos institutions pour appuyer les sortants dans le cadre de leur insertion professionnelle », souligne le directeur des études du Cnfteia.
Les autres participants sont aussi revenus avec la ferme résolution de mettre en pratique les expériences acquises lors de cette formation technique de courte durée.

Correspondance particulière de Aliou BA
Le Soleil
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