samedi 29 juin 2013

PROMOTION DES FILIERES HORTICOLES AU SENEGAL Une première base de données unifiée

Un recensement réalisé sur un effectif de 10163 exploitants horticoles répartis en 90% d’hommes et de 10% de femmes dans les zones des Niayes, a fait hier lundi, l’objet d’un atelier de partage des résultats. Cette rencontre initiée par le ministère de l’Agriculture et de l’équipement du monde rural, avait pour objectif la mise en place de la première base de données fiable et unifiée pour ce secteur.
Une bonne nouvelle pour les acteurs du secteur de l’horticulture sénégalais. L’amateurisme qui prévoyait jusque-là dans ce secteur, en raison d’une absence totale de base de données fiable sur la productivité, est en passe d’être un vieux souvenir. Le ministère de l’Agriculture et de l’équipement du monde rural (Maer), par le biais de la Direction de l’Horticulture, après un recensement général du secteur horticole et en partenariat avec l’Agence de développement international dans le cadre du projet PADEN, a organisé un atelier de partage des résultats d’un premier recensement.
Cette collecte de données est donc une première pour ce secteur d’horticole, qui constitue la vitrine de la balance commerciale de notre pays en raison des milliers de tonnes de produits qu’il injecte chaque année sur le marché extérieur. Plus de 56 000 tonnes de produits d’une valeur équivalente à plus de 50 milliards de francs Cfa sont exportés vers l’Europe chaque année par le Sénégal, selon le directeur de l’horticole.

Venue présidée la cérémonie d’ouverture de cette rencontre, Mme Maïmouna Lô Gueye, secrétaire général du Maer, visiblement satisfaite de la réalisation de ce premier recensement pour le secteur horticole dans la zone des Niayes, a estimé que « Cela permettra d’apporter une correction à la diversité de sources et la grande variabilité des statistiques publiées » et qui, de son avis, « ne favorisent guère une exploitation optimale du potentiel de production » horticole des Niayes. «Sans la maitrise des données fiables, il n’est pas possible d’élaborer une bonne planification et donc un bon programme de développement qui s’inscrit dans la durabilité», a-t-elle indiqué dans son allocution en marge de la cérémonie de cet atelier.

Pour elle, la base de données permettra aux exploitants horticoles et à tous les acteurs de la filière, notamment aux techniciens des ministères de l’Agriculture, du Commerce, de l’Industrie et même de l’Economie et des finances, de disposer d’un «instrument de travail accessible à consulter en cas de besoin et surtout pour établir les situations de références nécessaire pour apprécier les performances des programmes de développement».

Emboitant le pas à madame Gueye, le directeur de l’horticulture, Seydi Ababacar Sy Gueye a fait savoir que l’horticulture joue un grand rôle dans l’économie agricole sénégalaise. De son avis, chaque année, plus de 800 000 tonnes de fruits et légumes sont produits au Sénégal représentant une ardoise estimée à plus 150 milliards. Pour lui, la mise en place de cette base de données « fiable et crédible » permettra, entre autres, d’évaluer l’impact des politiques, la performance de la filière horticole dans notre pays ; de juger la productivité du secteur et enfin réguler les marchés.
Revenant sur les différents aspects rencontrés sur le terrain au cours de ce travail de collecte d’informations, auprès des acteurs dans les Niayes, il a déclaré qu’«on a fait un recensement exhaustif qui a porté sur tous les niveaux : population, système d’irrigation, l’aspect genre des acteurs impliqués, le type de cultures pratiquées, les techniques appliquées». Poursuivant, il indique, «l’enseignement que nous avons retenu après ce travail est : qu’il y a très peu de femmes qui se donnent à cette activité. Elles sont moins de 10% des acteurs présents. Nous avons aussi pu constater que l’irrigation moderne, du genre goutte à goutte est très peu utilisée. La plupart des acteurs utilisent les méthodes traditionnelles pour arroser les parcelles. Nous avons également constaté un faible niveau de scolarisation de ces acteurs », a-t-il renseigné. Avant de regretter une absence d’accès au financement et aux intrants agricoles pour ces acteurs qui, selon lui, ne bénéficient pas de subvention.
Ce recensement réalisé sur un effectif de 10163 exploitants horticoles répartis en 90% d’hommes et de 10% de femmes dans les zones des Niayes, constitue selon le secrétaire général du Maer, une phase test concernant ce secteur horticole. De son avis, la seconde étape de ce processus de création et d’alimentation de base de données est prévue pour le mois d’octobre prochain et portera sur les autres zones du pays.
Sud Quotidien
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