mardi 18 juin 2013

Le manioc, un aliment au potentiel considérable pour l’agriculture

Le système d’exploitation agricole « Produire plus avec moins », soutenu hier à Rome par l’Organisation pour l’alimentation et l'Organisation des nations-unies pour l'alimentation et l'agriculture (Fao), pourrait augmenter durablement les rendements du manioc de 400% pour satisfaire la demande toujours plus forte de la population.

Le manioc, généralement consommé par les populations pauvres, pourrait, selon la Fao, devenir une culture du 21ème siècle. Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, la Fao note que la production mondiale de manioc a augmenté de 60% depuis l'an 2000 et devrait encore progresser d'ici la fin de la décennie, les responsables politiques ayant pris conscience du potentiel considérable de ce tubercule. Cependant, avoir recours aux méthodes faisant une utilisation intensive d'intrants adoptées par la Révolution verte au siècle dernier risque d'endommager davantage les ressources naturelles et d'accroître les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique.

La solution proposée par la Fao est le système « produire plus avec moins » qui augmente les rendements en améliorant la santé des sols plutôt qu'en recourant massivement aux intrants chimiques. Le système encourage la polyculture et la rotation des cultures à la monoculture que pratiquent les systèmes intensifs. Les ennemis naturels des insectes nuisibles aux plantations doivent être privilégiés aux pesticides chimiques. Selon la Fao, l’application de ce système a donné des résultats spectaculaires au Vietnam où le rendement de manioc a augmenté de 400%. Au Congo, les exploitants stagiaires des écoles d’agriculture ont augmenté leur rendement de 250% « grâce à des formations sur l'utilisation de matériel de plantation sain. » Enfin, en Colombie, « la rotation de la culture du manioc avec celles des haricots et du sorgho a redressé les rendements ».

«Le manioc est une culture très polyvalente exploitée par les petits agriculteurs dans plus d'une centaine de pays », indique la Fao. Les racines du manioc sont riches et ses feuilles contiennent des protéines, du fer, du calcium et des vitamines A et C nous renseigne le communiqué. Par ailleurs, les autres parties de la plante peuvent servir à alimenter le bétail. Le prix élevé des céréales explique l’augmentation de la demande de manioc. « Outre son importance pour l'alimentation et la sécurité alimentaire, le manioc compte une série d'applications industrielles qui lui confèrent un fort potentiel en développement industriel rural et en augmentation des revenus ruraux ». De l’avis de la Fao, parmi les cultures de base exploitées en Afrique, le manioc rustique devrait être l'une des moins affectées par la progression du changement climatique.
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