lundi 27 mai 2013

Tambacounda : plus de 1.000 tonnes de riz produites par un projet d'aménagement des bas-fonds

Le projet Aménagement des bas-fonds (ABF) a permis à plus de 1.600 ménages bénéficiaires directs de produire quelque 1.000 tonnes de riz paddy, un an après le début de sa mise en œuvre dans 10 communautés rurales de la région de Tambacounda, a indiqué lundi, Arona Doumbouya, expert agroéconomiste au Projet d’appui à la petite irrigation locale (PAPIL).
Exécuté en partie durant l’hivernage 2012-2013, le projet ABF est exécuté pendant par le PAPIL, appuyé par le bureau du PAM basé à Tambacounda. Il a permis d’emblaver 330 hectares répartis entre 23 sites et a touché 18.000 bénéficiaires indirects, selon Arona Doumbaouya, qui introduisait une communication lors d’un atelier bilan de l’ABF.
Le PAPIL a choisi dans cette initiative des groupements avec lesquels il avait travaillé par le passé dans 10 communautés rurales et une commune, dans les départements de Goudiry, Koumpentoum et Tambacounda.
Selon M. Doumbouya, "16 200 kg de semences de riz [de] variétés sahel 108 et 23 kg de semences maraichères ont été mis à la disposition de 1. 657 ménages bénéficiaires directs. Soit 18.000 bénéficiaires indirects".
Il a relevé que la campagne rizicole a donné des "résultats très satisfaisants, avec un rendement moyen de 3.5 tonne/ha, soit une production de 1.169 tonnes de paddy".
Concernant le volet maraîchage, dans lequel 16 puits ont été réalisés en une année, une production de 280 tonnes de légumes a été comptabilisée pour le moment, a-t-il dit, relevant qu’une partie des données n’est pas encore disponible. Les variétés de légumes que sont la laitue, le choux, la tomate l’oignon, le "jaxatou", l’aubergine, le gombo et le piment ont été produits sur 35 hectares.
En termes d’aménagement des bassins, un taux d’exécution des activités planifiées de l’ordre de 95% a été atteint, avec 14 ouvrages réalisés et quatre motopompes installées. Pour ce qui est de la confection des digues et diguettes, le niveau d’exécution est de 72%.

En outre, 43 sessions de formations en technique de confection de digue, d’aménagement des parcelles rizicoles ont été organisées, mobilisant 1.013 personnes, dont 493 femmes, sans compter d’autres acquis relatifs notamment à l’itinéraire technique de production de riz.
Le projet avait un volet social à travers lequel "291 tonnes de vivres ont été distribuées pour le compte de 9.942 personnes", a ajouté l’agroéconomiste.
M. Doumbouya a relevé les contraintes liées au "retard" noté dans la mise en place des intrants, ainsi que les difficultés rencontrées dans la confection des digues.
Il a ainsi recommandé l’élargissement du programme à d’autres sites de la région et la mise en place des ressources avant le démarrage de l’hivernage.
"C’est un programme qui peut avoir un impact [et qui] peut contribuer à l’autosuffisance en riz", a relevé Sédar Ngom, chef de l’antenne régionale du PAPIL à Tambacounda. Il a noté que la demande est très forte de la part de communautés n’ayant pas profité du projet.
M. Ngom a indiqué que le PAPIL travaille à mettre à la disposition des riziculteurs des décortiqueuses, une doléance présentée par une responsable de Koumpentoum. Il compte aussi acheter une partie de leur production de riz des bénéficiaires, récoltée l’hivernage dernier, pour la leur redistribuer sous forme de semences, a-t-il annoncé.
Divers responsables de groupements bénéficiaires du projet ABF ont tenu à témoigner de leur satisfaction, même si certains ont regretté le retard de l’arrivée des intrants.
"Ce qu’on a eu cette année, cela fait quarante ans qu’on ne l’a pas eu", a dit Bintou Mady Diaby, président du GIE Tessito de Missirah, se félicitant de l’impact des digues sur la remontée de la nappe phréatique, allégeant du coup, l’arrosage et améliorant la productivité de son verger, dont les orangers qui produisaient une fois l’année, ont donné trois récoltes, cette année.
Evoquant la superficie et le nombre de bénéficiaires, l’adjoint au gouverneur chargé des questions de développement Moustapha Diaw a estimé que ces résultats "sont extrêmement importants dans une région où tous les clignotants sont au rouge. C’est des activités de ce genre que nous souhaitons voir se pérenniser dans la région", a-t-il ajouté.
La seconde partie de cet atelier de deux jours sera dédiée à la formation d’animateurs et de leaders d’organisations professionnelles bénéficiaires du projet, à la dynamique organisationnelle et à la conservation des produits.
ADI/BK
APS
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