jeudi 29 novembre 2012

Forum agribusness : Faire de l’agriculture un département de souveraineté


L’agriculture est un secteur vital ; il faut en faire un département de souveraineté et la rendre performante et sophistiquée, recommandent les panélistes du  Forum d’Agribusiness, qui a pris fin, hier, à Dakar. Ils invitent les Etats à respecter la déclaration de Maputo (10 % des budgets à consacrer à l’agriculture).

En Afrique, les départements de l’Agriculture devraient être érigés en ministères de Souveraineté nationale. C’est la conviction du président du Consortium panafricain de l’agrobusiness et l’agro-industrie (Panaac), Moussa Seck, qui s’exprimait, hier, à Dakar, lors de la cérémonie de clôture du Forum Agribusiness. L’agriculture n’est pas seulement limitée à la production, c’est aussi et surtout une chaine de valeurs tournant autour de l’engrais, l’eau, les semences, etc. « Il faut soutenir chacun des segments en mettant de l’expertise et de l’argent », a soutenu Moussa Seck. Il a recommandé d’aller vers une agriculture performante et sophistiquée, puisque c’est un secteur d’une importance vitale. En moyenne, le secteur agricole africain emploie 60 % de la population active et, paradoxalement, il apporte une faible contribution à la formation du Pib. C’est l’inverse qui est constaté dans les pays occidentaux. Ce qui fait dire à M. Seck que l’agriculture est un véritable pourvoyeur du Pib, à condition que les autorités y investissent.

400 milliards de FCfa à injecter annuellement dans l’agriculture 
Présidant la cérémonie de clôture, Jean Pierre Senghor du ministère de la Jeunesse, de l’Emploi et de la Promotion des valeurs civiques, est revenu sur la politique agricole du Sénégal. Selon lui, le gouvernement va créer plusieurs emplois, notamment dans le domaine de l’agriculture. Ainsi, pour les quatre ans à venir, l’Etat va injecter 400 milliards de FCfa par an dans le secteur. Toujours d’après M. Senghor, il va aussi élaborer une politique de maîtrise de l’eau, promouvoir les fermes familiales, essayer d’avoir deux campagnes agricoles par an et surtout créer des conditions incitant les jeunes à rester en milieu rural. Au Nigeria, pays qui souhaite organiser le prochain forum, la politique agricole est en train de porter ses fruits si on en croit le représentant du ministère de l’Agriculture de ce pays, M. Bello. Selon lui, le gouvernement fédéral a mis en place tout un ensemble de mesures incitatives afin de développer le secteur agricole, notamment le riz et le manioc. Il s’est aussi investi dans la promotion du consommer local, comme le pain de manioc.
La journée d’hier a été mise à profit pour évoquer le financement de l’agriculture en Afrique. Babacar Ndiaye, le président honoraire de la Bad, a invité les Etats africains à respecter la déclaration de Maputo en accordant au moins 10 % de leur budget à l’agriculture. Les pays doivent « prendre la locomotive » avant de demander du financement auprès des institutions bancaires, a ajouté M. Ndiaye. Pour sa part, le vice-président de la Bad chargé de l’Agriculture, Aly Abou Sabaa, pense que « la croissance de la population et les modèles de consommateurs vont déterminer le sort de l’agriculture dans les années à venir ». La Bad a mis l’accent sur le secteur de l’agriculture pour en faire le moteur du développement. Il a aussi revisité la politique agricole de la banque marquée par le Fonds d’investissement pour l’agriculture en Afrique. A sa suite, des structures, comme la Société financière internationale (Sfi), Afric Invest et Grameen credit agricole fondation, ont aussi exposé sur leurs politiques agricoles.
Aly DIOUF
le soleil
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