mardi 27 novembre 2012

Forum agribusiness 2012 : Plaidoyer pour la valorisation de l’agriculture

Augmenter le budget de l’agriculture, rendre attractive le secteur, former les jeunes ou encore régler les questions foncières. Ce sont quelques-unes des propositions faites, hier, à Dakar, à l’occasion du Forum Agribusiness.
« Partenariat, investissement et technologie pour relancer l’agriculture africaine ». Tel est le thème du forum Agribusiness qui s’est ouvert, hier, à Dakar. L’Agribusiness Forum du Centre européen de recherche en marketing (Emrc) est co-organisé par le Pnud et le Consortium Panafricain de l’agrobusiness et l’agro-industrie (Panaac), en collaboration avec la Fao et le secteur privé africain. Il vise à renforcer le secteur agricole et agro-alimentaire en Afrique, en encourageant les partenariats et l’échange de bonnes pratiques pour attirer les investissements. Selon le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Abdoulaye Baldé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, la crise alimentaire de 2008 a fait que les organisations du système des Nations unies ont pris davantage conscience de l’importance du secteur agricole et agro-alimentaire, et ont placé l’agriculture au centre de l’agenda des politiques internationales. Le Sénégal, poursuit le ministre, met en œuvre une telle politique à travers l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida) dont la mission principale est dédiée à l’insertion des jeunes sénégalais aux métiers de l’Agriculture.
D’après Moussa Seck du Panaac, le forum réunit tous les acteurs de la chaine de valeurs. Il plaide en faveur d’une reconsidération de l’agriculture à tous les niveaux. « Ce n’est pas normal que l’activité sur laquelle repose la vie ne soit pas élevée à un niveau supérieur dans nos ministères », soutient-il. Il veut que le pourcentage du budget alloué au secteur soit plus important, d’autant plus que les besoins vont suivre l’évolution constante de la population. Une idée renforcée par le président d’Emrc international, le Belge Pierre Mathijsen. A l’en croire, les pays occidentaux consacrent en moyenne 40 % de leur budget à l’agriculture. Le docteur Amadou Ouatara de la Fao pense, quant à lui, qu’il faut faire en sorte que l’agriculture soit un métier. Pour cela, il invite à allouer des prêts aux jeunes qui veulent s’investir dans le secteur, les former, les initier aux programmes de maîtrise de l’eau et régler les questions liées au foncier.
Pour sa part, le vice président d’Olam Sénégal, Jean Claude Gruner, estime qu’il y a un déséquilibre entre l’offre et la demande. En Afrique, soutient-il, l’agriculture emploie plus de 60 % de la population alors qu’elle fournit moins de 10 % du Pib. De son point de vue, il faut un gouvernement fort, avec des partenaires forts, pour développer le secteur agricole africain. Ce qui suppose une agriculture compétitive, des usines de transformation, une amélioration des pratiques culturales, une prise en compte de la question foncière, etc.
Durant ce forum de trois jours, qui sera rythmé par des rencontres d’affaires, seront développés des sous-thèmes, comme le financement de l’agriculture africaine, la jeunesse et les technologies agricoles, les nouvelles initiatives pour promouvoir les Pme africaines, le développement d’un agrobusiness inclusif...

Aly DIOUF
le soleil
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