mardi 20 novembre 2012

Aboubakry SOW, directeur des aménagements hydro-agricole de la SAED :« Le périmètre de Ngalenka vise l’atteinte de l’autosuffisance en riz en 2018 »

Le directeur des aménagements hydro-agricoles de la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta (Saed) estime que la réalisation du périmètre hydro-agricole de Ngallenka boostera la production agricole dans le département de Podor et permettra au Sénégal, grâce à l’aménagement d’autres terres, d’atteindre l’autosuffisance en riz, en 2018.

Comment la Saed est-elle impliquée dans ce projet ?

La Société d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta (Saed) est une société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du Sénégal dans le fleuve et dans la Falémé. Sa zone d’intervention va de Saint-Louis à Bakel. Créée en 1965, elle a pour mission la promotion de l’agriculture irriguée. Nous avons eu à exécuter un programme de développement agricole intégré dans cette zone du Ngallenka. La zone est subdivisée en deux parties : le Ngallenka amont et le Ngallenka aval.
L’aval, c’est la partie alimentée par le fleuve Sénégal à partir de Dagana. Cette zone a tout le temps de l’eau et des aménagements y sont réalisés.
La partie amont avait un déficit en eau parce que fossilisée. Dans les années 90, la Saed a trouvé un financement avec Kfw pour remettre de l’eau dans le Ngallenka afin de faire la jonction entre cette partie et le fleuve. Cela explique la présence de l’eau dans cette zone.
Sur un potentiel de 2.000 hectares qui existait, 1.500 sont déjà aménagés et attribués aux populations. Il restait 500 hectares destinés aux privés. Quand la mission de formulation du Millenium challenge corporation est venue en 2008 à la Saed, nous lui avons montré le projet. Après présentation, les Américains l’ont trouvé intéressant et ils ont décidé de financer l’aménagement des 500 hectares et d’autres zones. C’est à ce titre que la Saed est l’unité d’exécution dudit projet comme l’Ageroute l’est pour la partie concernant les routes et les ponts.

Quelles sont les spéculations qui y seront cultivées ?
C’est une zone où il est possible de faire de la riziculture et des cultures horticoles comme l’oignon, la tomate.
Quelles sont les retombées attendues ?
Elles sont nombreuses et importantes. Récemment, les autorités ont organisé un conseil interministériel d’autosuffisance en riz, en se fixant comme objectif d’atteindre l’autosuffisance en riz en 2018. Pour y arriver, il faut booster la production qui passe par une maitrise de l’eau avec des aménagements permettant de disposer de cette ressource toute l’année. Ce projet entre parfaitement dans ce cadre pour atteindre l’autosuffisance en riz en 2018.

500 hectares de plus peuvent-ils permettre d’atteindre l’autosuffisance en riz du Sénégal ?
Non ! Mais, je dois souligner qu’il ne s’agit pas seulement des 500 hectares. Nous avons à la Saed, un programme de 7.400 hectares en réfection et plus de 21.000 hectares de terres à aménager. Aujourd’hui, 110.000 hectares sont aménagés dans la vallée sur lesquels plus de 100.000 sont en exploitation. Plus de 21.000 hectares doivent être aménagés pour atteindre l’autosuffisance en riz. Nous cultivons également du riz en Casamance même si la Vallée occupe la grande part.

Qu’en est-il des 240.000 hectares ?
C’est le potentiel foncier irrigable existant sur lequel 110.000 sont aménagés. Sur ces 240.000 hectares, une partie est destinée aux cultures de décrue, aux cultures fourragères et aux forêts. Mais ce qui est nécessaire pour l’agriculture irriguée tourne autour de 140 et 150.000 hectares.

Propos recueillis par
Mamadou GUEYE
LE SOLEIL
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